Je vous propose aujourd’hui une interview d’Aurélien Marcheguay, alias CARTONBLANC. Il est l’un des webdesigners français dont j’aime le plus le travail, et c’est en prime un gars extra avec qui j’apprécie beaucoup de discuter.
Voici donc quelques questions pour mieux le connaître, et pour ceux qui n’auraient jamais vu son travail c’est par ici : CARTONBLANC.

1/ Qui es-tu en quelques mots ? Ton parcours pro, perso…

Je m’appelle Aurélien, j’ai 29 ans, je vis à Talence (près de Bordeaux), et je suis graphiste, web designer et directeur artistique freelance. La création en général est un domaine qui m’a toujours occupé l’esprit. Quand j’étais plus jeune, je passais mon temps à faire des peintures, des bandes dessinées, des animations sur le coin de mes cahiers, ou encore des stop-motions improvisés avec ma super 8 et mes légos, et surtout beaucoup de musique (piano, guitare, batterie). Le design, dans le sens noble du terme, est venu bien plus tard. Après avoir obtenu mon bac littéraire, j’ai fait un BTS de Communication Visuelle option Multimédia en 2001, pendant lequel j’ai appris les bases en conception, design graphique, marketing, et certaines notions en print et web. C’est indéniablement le web et l’interactivité, qui m’ont le plus attiré, c’est d’ailleurs à ce moment là que j’ai découvert Flash. En 2004, après 9 mois en tant que webdesigner et intégrateur dans une petite agence, je suis reparti sur un second BTS, Concepteur Intégrateur Développeur Multimédia en alternance, plus technique cette fois-ci, et qui allait me donner les dernières clés pour me lancer pleinement dans ce métier. Je suis aujourd’hui freelance depuis 2006.

2/ Pourquoi «CARTONBLANC» ? Je dois t’avouer que je me pose la question depuis que je te connais de nom.

Lorsque j’ai décidé de démarrer mon activité, je ne souhaitais pas communiquer sur mon vrai nom, car il était peu vendeur, long et pas très facile à mémoriser. J’ai alors commencé un brainstorming pour dresser un tableau représentatif du style graphique qui me correspondait. Après quelques concessions, j’ai finalement retenu « CARTONBLANC », écrit en majuscule comme sur les panneaux de villes, pour bien illustrer le petit univers que je voulais me créer sur mon portfolio. Ce nom évoquait à peu près ce que je voulais, avec les notions évoquant l’inspiration à la carte (« carte blanche ») et également l’aspect texture papier que j’utilise beaucoup dans mes créations, et ce depuis mes débuts. Aujourd’hui, je tente de laisser un peu plus de place à mon vrai nom, surtout via les réseaux sociaux, car en définitive, c’est bien de cette manière que les gens peuvent me connaître ou me contacter.

 

Call of Duty

3/ Tu exerces ton activité en freelance. Pourquoi avoir choisis ce statut ?

J’ai finalement obtenu peu d’expérience professionnelle en tant que salarié, mais suffisamment pour me faire une représentation de ce que j’allais pouvoir réellement faire ou non dans ces conditions. J’ai vite ressenti le besoin d’évoluer, d’avoir plus de liberté dans mes créations et de diversifier le type de projets sur lesquels je travaillais. C’est en sortant de mon BTS en alternance, que j’ai décidé de tenter ma chance en indépendant. Depuis le début de mon activité, j’ai fait quelques régies pendants plusieurs mois dans diverses agences web, ce qui m’a permis de m’expérimenter continuellement dans le travail d’équipe et les processus de conception de projet.

4/ Quelle est ta journée type ? Quelles sont tes méthodes de travail ?

Café, mails, réseaux sociaux, veille technologique, et à 18h00 je me mets au travail. Non, plus sérieusement, je n’ai pas de rythme bien défini. Ce statut permet d’organiser et de répartir sa charge de travail à peu près comme on l’entend. Il y a certaines périodes plutôt chargées où le rythme est soutenu, d’autres qui laissent plus de temps libre, choisies ou non.

Intersport

5/ Est-ce que ton métier à un impact dans ta vie personnelle ?

Oui et ce n’est pas facile à gérer tous les jours. Se fixer des horaires et s’y tenir, je pense que c’est ce qu’il y a de plus dur quand on est indépendant. Souvent, ce sont des urgences ou une surcharge de projets qui peuvent nous faire travailler jusque dans la nuit et parfois le week-end, mais il faut bien avouer que de temps en temps, il peut s’agir d’une mauvaise excuse pour continuer à créer ou à confectionner des projets personnels. On est passionné ou on ne l’est pas.

6/ Tu travailles principalement sur le media Flash, qu’est-ce qui te plait autant avec ce dernier ?

J’ai découvert Flash en 1999 (Flash 4 à l’époque) avant même d’avoir pu imaginer qu’un jour je serai web designer. Cette année, un pote s’était amusé à créer une animation avec un bonhomme en fil de fer. C’était pas terrible, mais j’ai trouvé ça génial. C’était pour moi un nouvel outil qui combinait simplicité d’utilisation et performance, à travers lequel je voyais tout un tas de possibilités en terme de dessin, d’animation et d’habillage sonore. Plus tard, j’en apprenais plus sur les technologies du web et les langages de programmation, et cet outil est devenu mon domaine de prédilection me poussant constamment à apporter toujours plus d’interactivité et de dynamisme dans mes pages web et mes créations en général.

Lauren Weisberger

7/ Que penses-tu du débat Flash / HTML5 ? Pour toi le Flash est-il destiné à disparaître ?

Sacrée question. Je ne pense pas que Flash va disparaître non. Il va juste être privilégié pour certaines phases de conception et selon certains projets. Pour moi le débat Flash / HTML5 n’existe que par ceux qui souhaitent voir mourir le support Flash, et surtout depuis qu’une certaine firme de grande influence, dont on ne doit pas prononcer le nom, a décidé jusqu’à ce jour de s’en passer sur ses périphériques mobiles. Sinon il n’y a pas de débat, ou plutôt il ne devrait pas y en avoir. Ce sont deux outils différents et complémentaires. Malgré ça, on sent tout de même un certain acharnement de la part des acteurs de HTML5 à vouloir faire passer cette technologie au même rang que Flash et même au-delà, en créant des projets incroyables, comme on peut en voir régulièrement sur The FWA. C’est vrai que cette technologie progresse vite, on l’a vu très récemment avec l’utilisation du WebGL, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir se passer totalement de Flash dans le web.

8/ Où cherches-tu l’inspiration quand tu dois travailler sur la DA d’un projet ?

Quand je crée un logo ou une charte graphique, je m’inspire en premier lieu du thème du projet, ce qui me permet de restituer un univers visuel existant, entrevoir un certain style graphique en tirant parti de certains courants, et d’obtenir des premières idées de mises en forme. En règle général, je suis attentif à ce qui m’entoure, une page de magazine, un générique de film, une affiche dans la rue, etc. Je prends également beaucoup de temps pour parcourir le web afin d’y découvrir le travail des autres graphistes, aussi bien en web design qu’en illustration en passant par la photographie ou le motion design. Tout est bon à prendre. C’est important de se tenir au courant de ce qui fonctionne en terme de design, en essayant de ne pas tomber dans le piège de la mode et des tendances trop galvaudées.

Pocket Evolution

9/ Comment vois-tu ton avenir professionnel dans les 10 prochaines années ?

Dans 10 ans… J’espère être encore dans la branche du graphisme, mais en tant qu’indépendant ? Rien n’est moins sûr. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de réaliser à quel point rien ne pouvait être définitivement stable dans mon activité indépendante. Pour l’heure cette situation me convient tout à fait. Je pense et j’espère que je serai toujours aussi passionné, et surtout apte à m’adapter rapidement aux nouvelles technologies. En tout cas, d’après moi le graphisme et la communication visuelle en soit, ne disparaîtront jamais, quelques soient l’évolution des supports d’exploitation. Il n’y a d’ailleurs jamais eu qu’un seul type de graphiste. Les contraintes liées à chaque support doivent nous rendre spécialiste dans une discipline en particulier. Si le web doit évoluer de quelque manière que ce soit, ou même être remplacé, il faut s’adapter, réétudier son positionnement et se remettre à niveau. Les nouveaux supports sont autant de contraintes qui nous inspirent et nous poussent à repousser les limites de notre créativité. En réalité, le côté évolutif dans ce métier me plaît beaucoup, même si c’est parfois un peu rapide.

10/ Quels sont les autres graphistes, webdesigners, illustrateurs, dont tu admires le travail ?

Il y a du monde. Je pense tout d’abord à Julien Moya qui m’a fortement inspiré dans mon travail et qui m’a aussi beaucoup soutenu dans mon activité freelance. Sinon je peux citer ceux dont la créativité et le talent me touchent particulièrement : Stenkat, Andreas Wannerstedt, Romain Bouchereau, Antoine Ménard, Mathieu Pieralli, Adrian Gandour, Stéphane Munnier, et beaucoup d’autres.

Merci beaucoup à Aurélien, pour m’avoir consacré ce petit moment dans son emploi du temps.

Commentaires

  1. Aurélien Foutoyet
    Répondre

    Très sympa cette interview. J’étais déjà tombé sur le site d’Aurélien « Carton Blanc » où l’univers graphique et la précision des détails m’avaient particulièrement touché.
    Merci pour les liens ils m’ont permis de découvrir des Français méchamment talentueux…

    Sympa ce blog

  2. Vincent DONINI
    Répondre

    C’est super de faire des petites interview de graphistes sur leur parcours, leurs inspirations, leurs envies… J’ai beaucoup apprécié ! J’en profite au passage pour faire un petit Follow sur Twitter histoire de continuer de suivre notre ami le webdesigner ☺ !

  3. Fernand93
    Répondre

    Bonjour ! Je recherche un graphiste…par contre c’est difficil de me decidé. C’est quoi la différence entre un freelance et non freelance, en cherchant je suis tombé sur ce site expliquant ce qu’est un graphiste freelance mais il me semble vraiment non qualitatif et n’a donc pas répondu a mes question.
    Pour moi un graphiste reste un graphiste, freelance ou non c’est pour ça que je ne capte pas vraiment et qu’il m’est impossible de me decider, de plus dans mes amis c’est indecis, ça va du avec un freelance a toi les emmerdes ou encore avec un freelance tu paiera moins chere jusqu’a avec une agence ça sera plus rapide donc bon… quelle est vraiment la difference alors svp =) ?

Laissez un commentaire